lundi 30 mars 2009

A la recherche de Livingstone

Tout comme David Livingstone a du l’être en 1855 lorsqu’il les « découvrit », nous avons été émerveillés par les chutes Victoria ! En cette fin de saison des pluies, le fleuve Zambèze est à son plus haut niveau et les chutes sont impressionnantes. Dimanche 22 mars en fin d’après-midi, alors que nous arrivions à peine dans la ville de Livingstone, nous pouvions déjà deviner l’emplacement du parc national qui abrite les chutes. En effet, bien que situé à quelques kilomètres du centre de Livingstone, il était facile d’observer le nuage de vapeur que laissait s’échapper le parc Mosi-Oa-Tunya (littéralement « la fumée qui tonne »).

Les chutes Victoria font près de 108 mètres de haut et les cascades s’étendent sur environ 1700 mètres, deux tiers se situant sur le territoire zimbabwéen et un tiers du coté zambien. En cette saison, le débit est d’environ 500 millions de litres par minute ; elles dépassent en tout les chutes du Niagara. Le site étant fermé lors de notre arrivée dimanche soir, nous avons planté notre tente sur les bords du fleuve Zambèze à quelques kilomètres en amont du parc, et c’est avec le vrombissement sourd et lointain des chutes que nous nous sommes endormis.

Dès lundi matin, nous avons pu apprécier le spectacle formidable que la nature nous offrait, car même si nous n’avions accès qu’à la partie Zambienne des chutes, nous avons été époustouflés par la force de l’eau. Le temps particulièrement ensoleillé nous a permis d’apprécier un maximum du paysage qu’offre cette superbe frontière naturelle. Nous avons également été mouillés jusqu’aux os, car le brouillard épais créé par cette immense cascade atteint une telle auteur qu’il est impossible de ressortir sec si l’on désire explorer tous les recoins du parc.

Après quelques heures devant ce fabuleux paysage parsemé d’arcs-en-ciel, nous sommes descendu dans la gorge où se situe « the Boiling Pot », ou pour ainsi dire le tourbillon formé par les diverses cascades au fond de la brèche. Gare à celui qui tenterait une baignade ! Pour atteindre cet endroit il faut descendre au creux du canyon qui, vu l’abondance d’eau, offre une végétation tropicale et donc une avifaune très différente de celle de Lusaka. Nous avons entre autre pu observer les toucans et d’autres oiseaux très colorés.

Sur le chemin du retour vers notre camping, c’était sans peine que nous pouvions observer les Chacma Baboons, et Vervet monkeys, les deux variétés de singes communes en Zambie, l’une globalement très proche du babouin, l’autre d’apparence plus proche des lémuriens. Cependant nous n’étions pas très heureux de découvrir que ces petits singes turbulents avaient décidé d’encercler notre tente durant notre absence. Il nous aura fallut une bonne demi-heure pour les dissuader de revenir sur notre emplacement. Les singes ne partirent pas loin cela dit, car à une petite dizaine de mètres de notre tente, ils avaient pris un arbre pour plaine de jeu, nous devions donc rester vigilants.

Le lendemain matin, c’est à un « Walking Safari » que nous nous sommes adonnés. C’est donc à pied, tout deux accompagnés d’un guide et d’un ranger armé que nous avons traversé un autre coté du parc Mosi-Oa-Tunya, à quelques kilomètres des chutes.

Ce fut une ballade ornithologique de première qualité car nous avons pu y apprécier plusieurs sortes de martins-pêcheurs (giant, malachite, pied woodland et striped kingfisher), plusieurs aigles (fish eagle, Bateleur, hawk eagle, snake eagle), des ibis sacrés, des Hérons (Green backed heron) et bien d’autres encore. Tout au long de cette marche d’environ cinq heures, nous avons été observés par de nombreux impalas et quelques phacochères. Nous avons aussi pu nous approcher des zèbres et suivre les empreintes des girafes jusqu’à ce que nous les retrouvions. Nous avons même pu voir un troupeau de buffles. Pour ce qui est du rhinocéros, animal en voie d’extinction, il n’y en a plus que deux en Zambie, et bien qu’ils soient dans le parc Mosi-Oa-Tunya, nous avons préféré les laisser tranquilles cette fois! Il ne nous reste désormais plus qu’à trouver les félins… Peut-être prochainement, lors d’un trip dans le South Luangwa? Il parait que c’est durant des safaris de nuit qu’on peut les observer, parfois même en train de chasser... A suivre donc !




























mercredi 11 mars 2009

L’île aux éléphants


Lundi 9 mars : Journée de la femme, et premier jour férié zambien de l’année depuis la St-Sylvestre, une occasion rêvée pour se lancer sur de nouvelles pistes… à nous le Lower Zambezi !

Ne disposant cependant que d’un long week-end, ce ne fut pas exactement dans le parc national du Lower Zambezi que nous nous sommes rendus durant ces trois jours, mais plutôt dans le premier Lodge de la région, sur les bords du fleuve Zambèze, à quelques trois heures et demi de route de Lusaka. Le Kiambi Lodge nous a offert de découvrir les merveilles dont regorge le quatrième plus grand fleuve d’Afrique (après le Nil, le fleuve Congo et le fleuve Niger).







Nous sommes arrivés à Kiambi ce samedi midi, parés de nos jumelles et de notre équipement de camping. Notre programme pour le lendemain: une journée de canoë sur le fleuve et une nuit sur la « Buffalo Island », une île entièrement sauvage située à 25 km environ en aval du Zambèze ! En attendant notre tête à tête avec les animaux des abords du Fleuve, c’est à une belle promenade ornithologique que nous nous sommes dédiés, dans le lit d’une rivière asséchée, non loin du camping. En effet, les alentours du Lodge nous offraient déjà d’observer une faune bien différente de celle de Lusaka, entre les insectes gigantesques, de couleurs étonnantes parfois, et les varans d’eau douce (Varanus niloticus) ; les oiseaux du paradis nous émerveillaient par leur plumage. Avant le coucher du soleil, et à l’aide de nos jumelles, nous avons pu observer, de loin, au confluent du Fleuve Zambèze et de la rivière Kafue, ces animaux qui sont réputés pour être les plus meurtriers d’Afrique : les hippopotames. En effet, une dizaine d’entre eux montraient le bout de leurs nez, cela nous promettait de belles rencontres pour la suite…




















Après une bonne nuit et un déjeuner copieux, nous rencontrons notre guide. D’emblée le discours est à la prudence, et il nous mentionne sérieusement les quatre dangers du Fleuve lors d’un périple en canoë :

- les hippopotames, qui en cas de peur pourraient attaquer le canoë. La consigne dans ce cas précis étant de s’éloigner le plus vite possible de l’embarcation, car c’est celle-ci qui fait peur à l’hippopotame et non le pauvre touriste qui est dedans.
- les crocodiles, animaux très peureux mais opportunistes nous dit-il ; rester dans la barque est ce qu’il y a de plus sûr, il s’agit juste de ne pas lui donner d’occasion trop tentante.
- le soleil, qui tape très fort et peu provoquer des déshydratations si on n’est pas préparé, sans compter la mention des coups de soleil qui bien sûr n’est pas d’application pour les locaux.
- et enfin, tous les arbres épineux sur les rives du fleuve, qui pourraient se révéler un piège douloureux pour nous au cas où nous perdrions le contrôle de notre canoë.

Toutes ces recommandations en tête, nous avons commencé à pagayer dans le sens du courant, le guide dans un canoë, nous dans l’autre.







Dès le départ, nous n’étions pas seuls, des dizaines d’oiseaux voltigeaient à notre passage ; les red bishops,les martins pêcheurs et les bee-eaters nous offraient leurs spectacles : des loopings dans tous les sens ! Ce n’est qu’après une petite heure, après avoir apprécié les paysages du fleuve, que nous avons remarqué notre premier troupeau d’hippopotames. Inutiles de préciser que les 30 mètres qui nous séparaient d’eux nous suffisaient amplement pour tenter de repérer leurs museaux, yeux et oreilles lorsqu’ils sortaient de l’eau. Nous n’avons pas demandé à voir le reste, trop difficile à voir, dans la mesure où l’hippopotame passe la majeure partie de la journée dans l’eau car sa peau craint le soleil (hormis sur ses oreilles).

La Zambie est un des pays qui comptent le plus d’hippopotames, dans les fleuves Luangwa et Zambezi notamment. Nous pouvions donc continuer sans crainte, nous savions que nous en verrions d’autres. Et c’est en effet par dizaines que nous avons pu les observer au fil de l’eau. Parfois nous en surprenions un tout seul au milieu de plantes aquatiques, à l’abri des regards ; des rencontres pas très rassurantes mais qui nous apportaient à chaque fois un émerveillement certain.






Notre périple sur le fleuve, hormis les hippopotames et le crocodile dont le guide nous a signalé la présence dans les fourrés, fut essentiellement ornithologique. Il nous fallut attendre l’arrivée à notre endroit de campement pour observer ce qui deviendra l’animal phare de notre week-end… l’éléphant !
De loin, notre guide nous signala sa présence, et vu que l’animal n’était pas sur notre route, il nous promit de nous emmener le voir de plus près en barque à moteur une fois arrivés au campement (un second guide était chargé d’amener le matériel de camping ainsi que la nourriture sur notre île de destination en barque à moteur).






C’est alors que débuta le bouquet final d’un feu d’artifice incroyable… Car après ce face à face avec cet éléphant sauvage aux oreilles bien déployées situé à une dizaine de mètres de nous, notre guide nous signala la présence d’un autre, plus loin derrière nous, puis d’un autre encore. Sur notre droite, à une quarantaine de mètres, un crocodile prenait le soleil avec une aigrette. Le temps de nous rapprocher du reptile, Richard remarqua l’aigle pêcheur qui nous surveillait du haut de son arbre, alors que des dizaines d’hippopotames grondaient en ouvrant grand leurs gueules non loin de là. Sans oublier un dernier regard vers le ciel où une dizaine de vautours tournoyaient au dessus de nos têtes… Une suite d’images de nature sauvage extraordinaires qui n’allait pas s’arrêter là.
















Après un bon repas avec vue sur le fleuve et le coucher de soleil qui se préparait face à nous, nous avons observé un éléphant qui partait de notre île, sur la droite, traversant le fleuve pour rejoindre l’île d’en face… Avec le coucher du soleil en décor, l’aigle pêcheur (pouvons-nous penser qu’il s’agissait du même ?) vint survoler le fleuve devant nous… et alors que la nuit tombait, cinq pachydermes commencèrent leur traversée du fleuve depuis notre île, sur notre gauche cette fois… mais à cause de la nuit tombante, nous les distinguions à peine, et ce ne sont que cinq ombres qu’on vit atteindre la rive opposée.





Merveilleux, n’est-ce pas ?
Cependant, qui serait entièrement confortable en entendant des hyènes crier au loin, et les hippopotames grondant à 200 mètres à peine? Bien que le guide nous ait mentionné que la présence d’un feu éloignerait les hippopotames, et que les éléphants ne s’attaquaient pas aux tentes, il nous restait un doute vis-à-vis des buffles dont nous avions vu de nombreuses empreintes quelques dizaines de mètres derrière nos tentes, entre les traces d’éléphants et celle d’antilopes. Notre île, «The Buffalo Island », semblait donc bien porter son nom !
Nous avons tout de même pu trouver le sommeil sans trop de problèmes (allez comprendre), et nous nous sommes réveillés un peu avant 6h, une fois le soleil levé.

Quelle ne fut pas notre déception d’apprendre par le guide que nous avions manqué le retour des éléphants de la veille, au loin sur la droite… Tristes d’avoir sans doute trop bien dormi finalement, nous avons entamé notre déjeuner, le moment du départ approchait… Et c’est alors qu’Amélie les repéra… ces trois superbes éléphants qui avaient décidé de nous offrir un merveilleux spectacle d’au revoir. Quel plaisir de les voir descendre dans le fleuve pour se rafraîchir durant un quart d’heure avant d’entamer la traversée vers l’île aux Buffles. Nous avons pris quelques photos et vidéos de ce merveilleux moment, et une fois les éléphants sur notre île, à quelques centaines de mètres derrières les fourrés, nous avons terminé de ranger pour le retour, en barque à moteur cette fois…




Quel merveilleux week-end sur cette île qui, après réflexion, mériterait plutôt de s’appeler «l’île aux éléphants ».