En Zambie, il y a 3 saisons différentes : la saison chaude et humide de novembre à avril, la saison sèche d’avril à juillet et la saison sèche et chaude de août à novembre.
Cette année, les pluies se font attendre et à part quelques orages, nous n’avons pas encore eu grand-chose comme précipitations. Les fleuves s’assèchent de plus en plus et les coupures d’électricité se font de plus en plus courantes à cause de la baisse de régime du barrage sur le lac Kariba à la frontière avec le Zimbabwe, principale source de production d’électricité.
Comme il fait toujours assez sec, j’en ai profité le week-end dernier pour m’organiser un trip dans le Parc Blue Lagoon à l’ouest de Lusaka. Ce parc s’étend principalement sur une zone inondable par le fleuve Kafue.
La leçon de cette excursion est de ne pas croire ce qui est dit dans les guides ni ce que les zambiens disent ! Il est stipulé dans les 2 guides que j’ai que le parc se trouve à 1h30 de route de Lusaka et qu’il est facile d’accès et bien signalé. Là, je dis : « mon œil » !
J’ai suivi les indications me menant vers l’ouest de Lusaka et effectivement après 25 km en dehors de la ville il y avait un panneau indiquant vers la gauche le parc. Mais alors après, il m’a fallu 3 heures de route sur une piste longue de 150 kilomètres pour arriver à l’entrée de ce #@!%µ parc! A chaque fois que je m’arrêtais pour demander le chemin les zambiens me disaient « 15 kilomètres tout droit» ; hé ben ça a été 15 kilomètres tout droit pendant 150 kilomètres ! Et plus je m’enfonçait sur cette piste interminable, plus la piste était mauvaise, moins les gens parlaient anglais et plus mon réservoir se vidait vite (la voiture consommant plus que ce que je ne pensais en mode 4X4, heureusement que j’avais un jerricane au cas où !).
Je ne me suis pas trop inquiété dans le sens où le bush est beaucoup plus habité que ce que je ne me l’imaginais. Il y a pas une fois où lorsque je me suis arrêté le long de cette piste et où un zambien de soit sorti des fourrés pour venir voir qui pouvait bien venir se perdre jusque là. Quasi tout le long de la piste, il y a des petits villages d’agriculteurs composés de quelques huttes de boue au toit de paille comme celle ci-dessous.
J’ai finalement atteint l’entrée du parc ou je suis tombé sur 5 hommes sans uniforme armés d’AK47 tenant en joue 3 personnes menottées. Je vous avoue que j’ai bien eu l’envie de foutre le camp en courant mais j’ai été assez vite rassuré par l’un des hommes armés qui m’a présenté sa carte de ranger. Ils s’agissaient en fait de braconniers qui avaient été fait prisonnier le matin même.
Je suis finalement parti avec ce ranger parlant anglais. Il s’appelle Jonas ; il a 24 ans et connaît le parc et les animaux comme sa poche. Il a profité de mon gros pick-up et du fait que j’avais envie de découvrir le parc pour faire son tour hebdomadaire. Ce fut génial ! Nous sommes tout à fait sortis des pistes pour nous enfoncer dans les marécages ; j’ai d’ailleurs bien cru que la voiture allait y rester mais elle est vraiment passée par tout ; je suis épaté !
Jonas cherchant quel chemin prendre pour ne pas s’embourber.
Propre à ce genre de zone humide, nous avons pu observer de nombreux oiseaux et notamment des échassiers comme cette cigogne africaine : la Saddle-billed Stork.
Dans ce parc, le plus gros animal que l’on puisse trouver est le buffle. Grâce au feeling du ranger, nous avons pu en observer prenant leur bain de boue. Sur la photo ci-dessous, les oiseaux blancs les accompagnant sont des aigrettes qui raffolent de tous les insectes se trouvant dans la boue remuée par les buffles.

A part les buffles, le parc du Blue Lagoon est réputé pour ses Lechwes. Le Lechwe est une antilope liée à cet environnement marécageux et humide que sont les plaines inondables par le fleuve Kafue.

Voici donc un Lechwe. À ne pas confondre avec une Impala (ci-dessous avec des cornes beaucoup plus petites) que nous avons croisée par la suite.

Nous avons eu la chance de voir des centaines de Lechwes ! Nous avons traversé des troupeaux énormes fuyant dans tous les sens en bondissant à notre approche. C’était un spectacle magnifique !
Notre dernière rencontre fut 4 ou 5 zèbres qui sont très difficiles à observer et à suivre. Voici une photo prise d’assez loin.

Je suis donc rentré en fin de journée totalement cassé et fatigué par ces heures interminables de pistes et de 4X4 dans les marécages mais j’y retournerai !
Suite au prochain épisode dans 2 à 3 mois une fois que la plaine sera recouverte de 2 mètres d’eau !!!